Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

jeudi 5 mai 2016

Ouate de morse...?

Me voici soudainement une fille rangée. Dans ma valise, plus précisément. Hier, en effet, je me suis mise au travail vers les 7 h, j’ai traduit pendant 5 heures, puis j’ai bouclé ma valise, fait un peu de ménage, lancé une tournée de lave-vaisselle, déménagé et traduit pendant 3 autres heures.

Voyez-vous, malgré l’expérience, il me faut toujours beaucoup de temps pour décider si oui ou non je pars, si oui ou non je pars pour trois mois, si oui ou non cet appartement a l’air de convenir… Tant et si bien que quand j’ai écrit à Anna que je prenais son appartement pour deux mois, elle s’est confondue en excuses et m’a expliqué qu’un couple avait réservé et payé directement sur le site Homelidays cette semaine, qui tombe en plein milieu de mon séjour de professionnelle en goguette. Quoi? Il y a des gens qui louent sans s’adresser au propriétaire? Ça me semble impensable! Louer sans avoir demandé cinq fois si la connexion Internet était plus que parfaite parce que, non, je ne fais pas que prendre mes messages, mais je fais des recherches, corresponds avec mes clients, paie mes comptes, gère mes enregistrements d’émissions de télé… et joue au Cadavre exquis et à AlphaBetty?
Anna m’a écrit que si j’acceptais, elle pourrait me loger chez son neveu pendant cette semaine. J’ai regardé les autres possibilités et, l’offre n’étant pas si grande à Lecce, j’ai accepté. Évidemment, je ne savais pas que mes problèmes d’ordinateur me feraient perdre pas mal de temps. Quoi qu’il en soit, c’était hier le déménagement.
Dès que nous nous sommes rencontrées, Anna m’a promis qu’elle me conduirait chez le neveu en question, à peine dix minutes un po’ più giù (un peu plus bas) donc plus loin du centre historique. De fait, dix minutes, ce n’est pas beaucoup et ça permet même de brûler un peu d’huile d’olive.
Anna arrive à 14 h 30, 30 minutes après Paula, son amie qui devait faire le ménage au profit des nouveaux arrivants. Comme il est vite apparu que le ménage intérieur ne serait pas énorme, nous nous sommes fait un café et avons papoté en attendant un technicien venu bardasser dans le réseau Wifi de la maison pour l’accélérer. Prétendument. My God. Quelque chose qui fonctionnait et qu’on a décidé de tripoter! En espérant que les British qui prennent mon appartement constatent et fassent régler les problèmes éventuels. Pour patienter, j’ai inventé un jeu : quand je parle, je laisse les pluriels et les conjugaisons non maîtrisés en suspens et la première des deux Italiennes qui comprend et fournit la terminaison prend un ou deux centimes d’euro aux deux autres, selon les pièces dont nous disposons. Si je termine correctement avant qu’elles aient compris et soient intervenues, c’est moi qui prends le fric. Nous nous amusons follement, au grand dam du technicien, qui a mille et une questions à poser, ce qui ennuie passablement Anna, en particulier parce qu’elle a rarement les réponses. Vous savez, le genre de : « Quel est votre code pour xyz? » « J’ai un code pour xyz, moi? » « Utilisez-vous la fréquence blabla ou la fréquence tralala? » « Votre réseau, c’est un truc ou un machin? 
Anna me promet qu’à la fin de mon exil, si elle est à Rome auprès de son frère malade, Paula ira me chercher pour me ramener. « Nous ne t’abandonnerons pas. Nous t’avons adoptée! » Serment scellé par un choc entre tazzine de café.
Une fois le technicien parti, c’est mon tour. Anna m’avait proposé d’enfermer ma valise dans la remise et de ne prendre que les choses dont j’aurais besoin pendant une semaine. Moui. Sauf que j’ai 10 t-shirts et 4 paires de pantalons, ce qui se consomme facilement en 7 jours! Sans compter que la remise sent, comme toutes les remises, l’humidité et l’essence. J’ai donc pratiquement tout remballé, plus la boustifaille que je n’étais pas parvenue à éliminer (au sens de manger) malgré ce que je croyais être une soigneuse planification. Il me faut deux sacs pour le feuillage, les carottes, les asperges, le fenouil, les orecchioni, les céréales, le lait, le beurre, le reste de bœuf aux légumes, le fromage, le café et l’huile d’olive.
C’est dans la voiture qu’Anna me dit quelque chose comme « C’est un peu plus modeste, ma in somma (mais entéca)… » Oh.
Marco, le neveu, est bien regardable. Et de prime abord, son appartement aussi. Obsédée, je demande à vérifier la connexion Internet. Ça l’air d’aller. « Tu peux débrancher la petite manette blanche et l’emporter dans le jardin pour travailler dehors, pourvu que chaque soir tu la rebranches pour recharger la batterie. Et si l’électricité flanche, tu n’as qu’à repartir le circuit, ici. »
- Et ça arrive souvent?
-
Ma in somma…
Disons qu’ici, au contraire de chez Anna, on voit que tout a été conçu avec l’idée du moindre coût. Pression d’eau nulle, mobilier Ikéa disparate et spartiate et une terrible odeur d’humidité, y compris les verres et les casseroles. D’ailleurs, dans cet appartement à deux lits, où on peut donc normalement accueillir quatre personnes, il y a trois tasses, dont deux fendues donc inutilisables. Le joint de la cafetière est depuis longtemps distendu et tous les ustensiles et toute la vaisselle sentent l’humidité. On m’a prévenue que le four ne fonctionnait pas. Il n’y a pas l’ombre d’un linge de vaisselle en vue et les éponges qui ont servi à laver Dieu sait quoi sont dans un état de putréfaction déroutant. Les planchers, le lit et les sanitaires sont propres, heureusement. De manière générale, donc, la cuisine est sale et la chambre, nickel.
Après mes trois heures de traduction, je me précipite dehors. Ici, en effet, il n’y a pas de moustiquaires, au contraire de chez Anna. Si j’ouvre les portes-fenêtres, je fais entrer la colonie de mouches et de moustiques qui campent autour de la poignée. Je vais au cinéma et m’arrête dans une pizzeria à four à bois au retour. C’est en attendant ma quatre-saisons que je prends conscience du fait que je n’ai aucune idée du nom de la rue ni du numéro de porte de l’appartement où je dois retourner.
Certes, j’ai le numéro d’Anna, mais je me souviens qu’en chemin, elle a dit : « Ha voilà, c’est la rue [quelque chose qui finit en acci], mais je ne sais pas le numéro de porte. Ah mais Marco est déjà là! »

Oui, mais ce soir, Marco n’y est plus et je n’ai pas son numéro de téléphone. Pizza sous le bras, je me dirige un po’ più giù. Rue Dalmazia. Non, sûrement pas. Rue Nizza. Je peux fort bien avoir confondu acci et izza ou un juron avec ce que je croyais être le nom de la rue. Continuons. Rue Nacce. J’aurais confondu acci et acce? Très plausible. Est-ce qu’il n’y avait pas ce bizarre 4x4 qui ressemble à un blobfish. Voyez? C'est le bourrelet, en avant qui... Bon. In somma... Donc après, il y aurait une entrée de cour et une porte avec une poignée ronde au centre, et tiens en voilà une et c’est le numéro… 13. La chance me sourit.
La clé tourne dans la serrure.
J’en serai quitte pour réchauffer la pizza au micro-ondes.

Tout en mangeant, j’ouvre un des tiroirs de la table Ikéa et j’y découvre quelque chose qui n’est pas fourni chez Anna : des tiges d’encens à brûler et deux condoms, l'un valide jusqu'en mai 2017 (l'orange) et l'autre jusqu'en septembre 2019. Mais il sert à quoi, cet appart, putaing!?

                                                                                                                

2 commentaires:

  1. Mais putaing, ho hé... une cuisine sale mais une chambre à baiser...oupss à coucher propre... t'as pas eu une p'tite idée comme ça... et les capotes t'en disent pas mal plus long n'est-ce pas surtout qu'elles ne sont pas passées date... ah l'Italie

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  2. Ouin... Toutes sortes de choses que tu ne vois pas sur les photos des sites de location. Et l'odorama n'est pas encore disponible! :-)

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