Plusieurs savent déjà qu'à ma première visite à Venise, j'étais allée à La Fenice et j'avais pour voisine de loge une dame fort sympathique avec laquelle j'avais un peu parlé et marché après le concert. Nous n'avions pas échangé nos adresses de courriel et mes recherches sur Internet avaient été infructueuses, même si je pensais connaître un détail : elle habitait une maison où avait vécu le poète Ezra Pound. Quatre ans plus tard, à ma seconde visite, j'ai raconté l'histoire à une fille qui suivait un cours avec moi, à Venise. Le lendemain, elle arrive au cours tout excitée : dans le roman qu'elle était en train de lire, elle avait lu la veille l'adresse précise de la maison. Je suis allée laisser un billet, que la dame, grande voyageuse, a trouvé quatre mois plus tard. Nous nous sommes un peu écrit puis la correspondance s'est éteinte.
À cette première visite, j'avais aussi rencontré un artisan, qui m'avait présenté quelques collègues avant de m'inviter à souper, puis me reconduire à « mon » couvent en rigolant bien de mon choix et en me montrant au passage toutes sortes de petites curiosités de Venise. Nous nous sommes un peu écrit, puis plus rien. Peut-être s'est-il lassé, mais il faut dire que c'était un homme d'un certain âge. Je voulais aller le voir cette année, mais j'ai malencontreusement oublié son adresse chez moi. Je savais qu'il habitait dans Canareggio, mais j'avais beau scruter la carte, je ne retrouvais pas le nom de la rue. Or hier, des amis d'amis qui viennent bientôt à Venise me donnent l'adresse de l'appartement qu'ils ont loué. Eh oui, calle dela Testa, c'est en plein ça. Petite vérification sur Internet avec le nom de l'artisan : ils seront voisins. Eux c'est le 6226 et Silvio, le 6227!
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