Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

mercredi 2 mai 2012

Des fourmis dans les jambes

Voici quelques semaines, j'ai voulu imprimer une dizaine de pages. Je suis donc entrée dans un magasin de la rue principale et j'ai demandé où je pouvais obtenir ce service. On m'a assurée qu'à tel magasin, à quelques pas (comme d'ailleurs tout le reste ici), on le ferait. En tournant le coin, après la banque, je n'ai toutefois vu qu'une grande vitrine pleine de sacs à main... Puis en regardant bien, j'ai vu dans la même vitrine les mots « Servizio   Computer    Elettronica »... En fait, la boutique a deux portes. À droite, celle qui ouvre sur les sacs à main et à gauche, la boutique informatique. On peut passer de l'une à l'autre par l'intérieur. Il doit s'agir d'une combinaison mère-fils ou mari-femme ou...?

- « Vous pouvez m'imprimer quelques pages? »
- « Mais oui », répond le jeune homme, dont la mimique ennuyée ajoute « Quelle question! »

Le rayon Internet-Électronique est grand comme ma salle de bain. Sur le mur de gauche, à l'opposé de la porte qui mène aux sacs à main, il y a des vitrines avec une quinzaine de modèles de téléphones cellulaires. Au centre, un petit comptoir vitré auquel je n'ai pas vraiment porté attention. Comme je vois seulement les deux ordinateurs du personnel, je demande où je peux trouver un endroit où je pourrais utiliser Internet (c'était avant que ma connexion devienne connexion).

« Ici! », répond le jeune homme dont la mimique ennuyée ajoute « Quelle question! »

Je devine que les ordinateurs publics se cachent derrière le rideau qui est derrière le comptoir.

Quelques jours plus tard, ma souris rend l'âme, sans doute parce qu'elle voit, comme moi, tous les félins plaintifs, amoureux, affamés ou curieux qui fréquentent le jardinet autour de la maison. Je retourne à la boutique et je demande où je peux acheter une petite souris sans fil.

« Ici! », répond, etc.

La semaine dernière, je suis entrée d'un pas décidé et j'ai demandé qu'on me numérise les trois pages du contrat que j'avais signé et que je devais retourner à l'envoyeur. Cette manifestation de confiance a transformé la mimique ennuyée du jeune homme en empressement. Mais, c'est plus fort que moi, j'avais quand même une question. « Comment on dit "scan" en italien? » Cette fois, le jeune homme a répondu avec un large sourire : « Scannizare ».

Vive le commerce de proximité : on trouve à la même adresse des sacs à main, tout ce qu'il faut pour parcourir le monde par ordinateur et la terminologie en prime.

Je sais aussi que les trappes à fourmis s'achètent à la pharmacie, et que cette même pharmacie vend un euro (environ 1,35 $) une boîte de 20 comprimés 500 mg de paracetámolo (l'équivalent de l'Advil rhube), mais que la chose se trouve dans l'officine et non sur les tablettes.

- « Vous avez de l'Advil? Ou du Tylénol? »
- ...
- « Quelque chose pour soulager le rhume et la congestion et les maux de tête qui vont avec... »
- « Ah! Paracetámolo? »

Heureusement, j'ai été abonnée à Ian Rankin et à son inspecteur Rebus, qui faisait grande consommation de Paracetamol pour calmer les maux de tête que lui donnaient ses cuites carabinées. Je le raconte à la pharmacienne et nous convenons que tout type de lecture a son utilité. Ça la fait rire. Si bien que deux semaines plus tard, quand je lui demande les trappes à fourmis, elle me demande si mon rhume est guéri.

Toujours à deux pas, mais dans une autre direction, il y a un marchand de vins et spiritueux. En plus des bouteilles que nous connaissons, il y a une dizaine de cruches format dame-jeanne ou melchior, je ne sais trop. Vous pouvez y emporter vos bouteilles d'eau vides et pour un prix qui va de 1,70 à 2,50 euros, vous avez un litre et demi de vin dans une bouteille en plastique qui craque et ploie à la moindre manipulation. Je n'ai pas essayé mais la chose paraît ici bien populaire.

Revenons à nos chats : Au palais ducal, le bois, mieux que la pierre paraît-il, protégeait de l'humidité les kilomètres linéaires d'archives. Le grand danger venait des rats et des souris. On importa donc d'Égypte des meutes de chats réputés pour leur férocité. Il en arriva trois bateaux. Et il reste, mais de moins en moins, des chats au nez plat et aux petites oreilles, qui marchent de profil (non, ça je l'invente), descendants de ces travailleurs invités.

Ça me rappelle la superbe bibliothèque ancienne de l'Université de Coimbra, au Portugal, où les documents sont exposés à la menace des insectes. La chasse est confiée cette fois à des chauves-souris. Mais tous ces insectes, ça se digère... On étend donc chaque soir des couvertures (de cuir, je crois) sur les tables anciennes, pour les protéger de l'acidité des produits de cette digestion. Et quelqu'un, chaque matin, a l'agréable tâche de secouer et laver les couvertures protectrices.

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