Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

jeudi 5 juin 2014

Le tour du propriétaire

Puisque je quitte bientôt l’appartement, il est grand temps que je vous fasse faire le tour du propriétaire.
À Barcelone comme aux États-Unis, il y a beaucoup, mais vraiment beaucoup de drapeaux aux balcons. Ceux qui s’affichent ainsi sont en grande majorité Catalans. Mon balcon n'en a toutefois pas.
Ma résidence barcelonaise est située dans l'Eixample, un mot qui signifie « expansion ». Le quartier a été conçu en effet à la fin des années 1800 par un architecte appelé Ildéfons Cerdà, quand a été décidée le démantèlement de la muraille qui enserrait Barcelone. Tous les ilôts devaient être de dimensions identiques, y compris en hauteur. Tous devaient être comoposés de maisons mitoyennes et s'ordonner autour d'une cour intérieure, ce qui allait favoriser la circulation de l'air. Tous devaient avoir des coins à 45 degrés au lieu des 90 habituels, question de visibilité sur la rue. Notez quand même qu'à l'époque, les voitures étaient moins nombreuses! Et pour le cas où mes histoires de degrés ne seraient pas très claires, voyez ce plan et cette photo, empruntés à Wikipédia.
De fait, les coins sont à 45 degrés, et quand on marche, il faut aller chercher le passage clouté au milieu de ce segment à 45 degrés, ce qui rallonge singulièrement les longs trajets. L'autre problème, c'est que la sous-signée, riche d'une distraction et d'un sens de la désorientation très développés, s'y perdait régulièrement pendant la première semaine. Ayant tourné à droite pour aller chercher le passage clouté, il m'arrivait souvent en effet de continuer dans cette direction. Et je me demandais bien, en me rendant compte que je n'allais pas où je voulais, comment j'avais fait pour me perdre alors qu'il suffisait d'aller en ligne droite! Mais justement, avec tous ces virages à droite et à gauche pour aller chercher « la traverse », ça devenait compliqué!
Au final, les spéculateurs se sont emparés du plan de Cerda et les édifices n'ont pas tous la même hauteur : les propriétaires en voulaient plus pour louer. De même, il est très rare, semble-t-il que la cour intérieure soit gazonnée. la plupart du temps, il s'y trouve un stationnement et là encore, des agrandissements. C'est aussi l'endroit où on étend la lessive.
Pendant quelques jours j’ai dû grimper tout en haut à pied, mais il y a autrement un ascenseur, pour un maximum de trois personnes nous dit-on en anglais et en français. Apparemment, cela va sans dire pour les Espagnols ou alors on considère qu’ils sont généralement plus minces et qu’il leur est permis de voyager en plus grand nombre.
La maison a au moins 150 ans. Selon Antoni, on n’y a pas changé grand-chose, sauf l’électricité, la cuisine au goût du jour et quelques divisions. Dorénavant, le salon et à la salle à manger ne font plus qu’un et il y a deux salles de bain contrairement à une seule à l’époque. Quand on entre, donc, il y a une belle porte ancienne avec œil-de-bœuf manuel. Il y a des carrés de céramique d’un motif différent dans chaque pièce.
Voici où je dormais. C’est aussi de là que j’avais accès au balcon et que j’allais lire ou apéritiver. Le long couloir me menait d’abord à la cuisine, puis dans le bureau-verrière où j’ai généralement pu travailler sans cuire, contrairement à ce que je croyais au départ, parce presque tous les matins ont été gris ou un peu frais. Il suffisait donc d’ouvrir une des grandes fenêtres pour faire entrer de grands coups de vent, le chant d’oiseaux inconnus et les aboiements du chien qui semble avoir mal à la gorge.
Je n’ai mangé dans la salle à manger qu’avec mes visiteurs. Autrement, selon mes bonnes habitudes, j’ai déjeuné, dîné et soupé devant la télé, en particulier devant les nouvelles, le tennis ou, vers 20 h au 46 (la 3) devant El Gran Dictat, animé par Oscar Darmau, un jeu de vocabulaire en catalan. Non, je ne me suis pas encore inscrite…
Quant à mes visiteurs, ils se sont succédés dans ces chambres, un peu petites – je m’étais réservée la plus grande – et dont la fenêtre donne… sur la cage d’ascenseur-escalier. On peut supposer que l’ascenseur n’y était pas voilà 150 ans… En tout cas, mes visiteurs m’ont assurée qu’on ne l’entendait pas souvent et que seules les portes faisaient du bruit, la course étant silencieuse.
Elle était vaste, ma demeure barcelonaise. Je l'ai bien vu quand j'ai dû faire le ménage!

Désolée pour la galerie de photos en désordre ci-dessous, mais je n'arrive pas à faire mieux avec le logiciel du blogue...









Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire