Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

vendredi 23 mai 2014

Journée gothique

Je me suis mise au travail très tôt. À 15 h, j'avais atteint mon objectif et je me suis récompensée par un retour dans le Barrí Gótic. Pour la première fois, la place de la cathédrale n'était pas noire de monde. Pas de pénitents, pas de castellers, pas de danseurs de sardana entourés d'une foule de touristes. Donc des photos un peu plus dégagées. Il ne me reste que trois petites semaines à Barcelone et je n'avais pas encore mis les pieds dans la cathédrale. C'est un cas où il faudrait bien un audioguide ou alors une visite guidée (cette dernière existe, je crois, mais les deux guichetiers étaient trop occupés à toiser les gens pour appliquer le code vestimentaire et n'ont pu répondre à mes questions. « Pas de jupes en haut des genoux », dit le Routard. Ma foi (c'est de circonstance), ça éliminerait 90 % des touristes de sexe féminin! Bref, ce n'est pas si rigide, puisque j'ai pu passer.

Elle est fichument belle, cette cathédrale. La façade est en néogothique (XIXe siècle), parce que, à cette époque, la bourgeoisie décida que le temple précédent n'était pas assez beau, mais l'intérieur est en authentique gothique catalan du XVe siècle. Une belle hauteur où le regard se perd après avoir été happé par le beau jubé. Depuis quelques années, je sais que ce que ce qu'on appelle jub

Ah pardon pour ceux qui me lisent maintenant, mais la côtelette de veau au romarin est prête et le Juan Gil 100 % Monastrell ne demande qu'à être bu. À plus tard pour les précisions et rectifications!

Je sais donc depuis quelques années, disais-je, que ce qu'on appelle jubé en Europe (et dans le Petit Robert, d'ailleurs) est une galerie transversale entre la nef et le choeur et non les galeries en hauteur le long des murs de l'église comme on le dit chez nous.

On peut visiter la cathédrale de long en large et de haut en bas ou presque, la crypte où se trouve le tombeau (début XIVe siècle) de Santa Eulália, à laquelle l'église est dédiée, n'étant accessible que depuis une grille. Depuis le toit (en réparation), on a un point de vue intéressant sur le clocher.

Il fait beau, pourquoi ne pas éviter le soleil et visiter un autre musée? Entrons donc au Musée Frédéric Marès, sculpteur et collectionneur. Mais alors là, quand il démarrait une collection, il ne lâchait pas vite! L'ensemble est logé dans plusieurs édifices gothiques aux murs ornés d'étranges sculptures et disposés autour d'une petite cour paisible. Au premier étage, plusieurs vierges à l'enfant et "trinités féminines" dont certaines sont très émouvantes. Les deuxième et troisième étages s'appellent "Cabinet du collectionneur" et c'est là qu'on trouve des salles entières consacrées à des objets du quotidien au XIXe siècle. Des éventails et étuis à éventails par centaines, même chose pour les peignes, les pipes et autres articles pour fumeurs, épingles à chapeaux, porte-épingles, bicyclettes, vases de pharmacie, horloges, ciseaux, clefs, casse-noisettes, lunettes d'opéra, poupées, soldats de plomb et j'en oublie forcément!

J'étais depuis cinq jours à peine à Barcelone quand une jeune femme attablée avec son compagnon et moi sur une terrasse me pressait d'aller goûter un chocolat à l'Espagnole sur la rue Petritxol, toute petite voie semée de galeries d'art (dont celle où Picasso fit sa première exposition solo) et de crèmeries. Je lui avais dit que j'avais bien le temps. Ah! Il m'a encore joué des tours, le temps! Au début de ce billet, il me restait trois semaines. Il me reste désormais moins de 10 jours! Mais j'ai pris le temps ce jour-là de cathédrale et de musée d'aller m'attabler chez... Petritxol, sans doute pas la plus jolie des crèmeries, mais la seule où il y avait une place. Je commande un chocolat et la jeune fille me demande si je veux aussi des xurros. Et comment. C'est seulement quand elle m'apporte le tout que je vois sur la facture correspondante, où elle a coché mes choix, qu'il y avait des "demi-portions" de xurros. Me voilà avec quatre beignets hypersucrés pour une seule personne. Elle savait parfaitement que j'étais seule et elle aurait pu le proposer. Je trouve ce procédé cachottier plutôt malhonnête. En partant, j'ai exigé qu'elle me mette les beignets restants dans un sac pour emporter. Les beignets ne sont pas si bons... Ça goûte le gras et le sucre. Mais le chocolat! Il est si épais, en fait, qu'il faut le manger à la cuiller.

J'ai terminé la promenade de la journée par la secrète place Sant Filip Neri et des jeux de photo avec le tableau accroché au-dessus de « mon » bureau et le lustre de la verrière avant de faire cuire la délicieuse côtelette de veau et de boire quelques verres du Juan Gil.





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