Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

vendredi 16 mai 2014

L'ère de la communication

Vous savez ce genre de journée où vraiment, le fond du lit serait le meilleur endroit? Ça arrive même à Barcelone.

J’avais noté depuis quelques jours que mes messages électroniques rentraient bien sur mon ordinateur mais n’étaient plus transférés sur mon Blackberry. Le premier jour, je sortais le cellulaire quelque part entre la Rambla et une maison Gaudi quelconque, toute contente de ne rien recevoir, puisque je passais quelques jours avec des amis. Puis de retour à la maison, hop, quatre messages sur l’ordinateur. Bizarre, mais après tout, il se pouvait que les quatre soient arrivés après ma dernière vérification. Deuxième jour : vérifications inutiles sur le cellulaire et au retour, huit messages! Ah non, là y’avait un pépin.
En tentant de trouver une  fonction quelconque sur le Blackberry, je trouve un message qui dit à peu près « Message Rogers : nous avons interrompu temporairement votre service de données parce que vous avez "cumulé" des frais de près de 100 $ d’itinérance depuis votre dernière facture. Cliquez ici, etc. »
Ah. Je clique et on m’offre obligeamment une trousse-forfait, pour l’Asie, l’Europe, les États-Unis, etc. Or, une semaine avant de partir, ne trouvant pas les trousses en question sur le site de Rogers, j’avais appelé et le brillant qui m’avait répondu m’avait dit qu’elles existaient seulement pour les États-Unis.
J’ouvre le site Web de Rogers sur mon ordinateur. Aucune compagnie n’a de système de communication simple. Il faut se taper une foire aux questions de 200 questions et quand on clique sur « Aucun de ces sujets », on est invité à lire 200 pages du site, des fois que.
Je trouve enfin une adresse et je décris le problème. Le lendemain, donc hier, je trouve une réponse d’une dame qui me dit avoir pris connaissance de mon message mais ne pas pouvoir m’aider : elle se trouve à la direction… Une direction étant faite pour diriger, elle me fournit un lien vers une fonction de clavardage… en anglais.
Mon parcours du combattant venait de commencer. J’ai quand même pu clavarder avec un technicien francophone qui, en deux messages me disait qu’il ne pouvait rien pour moi et que je devais appeler tel numéro sans frais… dans une heure puisque mon problème relevait du service à la clientèle et que lui était du service technique, que le service à la clientèle n’était pas ouvert à cette heure et que la mise à jour nocturne du système de Rogers n’était pas terminée. Dès la fenêtre de clavardage fermée, je reçois un message m’invitant à remplir le sondage sur la « satisfaction » de la clientèle. Ah oui, tu parles, je vais la leur décrire ma satisfaction. Toutes les questions sont en anglais. Aucun endroit pour cliquer pour avoir la version française.
Une heure plus tard, je rappelle. Je retombe sur le service technique. Cette fois, le gars me dit que je peux tout corriger ça avec mon BlackBerry. –Oui, j’ai essayé, mais j’obtiens un message qui me dit que le réseau ne suffit pas à la tâche. –Vous êtes en wifi? –Oui, mais l’ordinateur aussi et je fais tout ce que je veux avec… -Ça ne dépend pas de ce réseau là; il faut que vous coupiez la connexion wifi de votre téléphone et là vous allez pouvoir changer vos paramètres et récupérer votre service de données.
Dès la fin de la conversation, je reçois un message avec lien vers un sondage sur la « satisfaction » de la clientèle. Tiens donc, je vais répondre encore! Bien entendu, le sondage est en anglais.
J’essaie ensuite de couper la connexion wifi du téléphone, toute tremblante. Et si je n’étais plus capable de rétablir ça non plus? J’obtiens le même message de réseau qui ne suffit pas. Je rappelle. Un autre technicien. –Ce n’est pas un problème de nous; ça dépend de BlackBerry. –Non, écoutez bien le message que j’ai reçu; il commence par « Message Rogers : NOUS AVONS INTERROMPU TEMPORAIREMENT… » Si Rogers a interrompu temporairement le service, à distance, Rogers peut me le redonner DÉFINITIVEMENT, à distance! –De toute façon, le système est inaccessible, la mise à jour n’est pas finie; rappelez dans une heure.
Oui, je reçois à nouveau le lien vers le sondage anglais.
Une heure plus tard, je rappelle, de plus en plus énervée. Une femme cette fois. –Le système n’est pas accessible; la mise à j… - Prenez-vous une note, bordel, et vous restaurerez mon service quand la mise à jour sera terminée! Je ne vais quand même pas passer la journée à vous appeler. Ou au besoin rappelez-moi, vous! –Je pourrai seulement si la mise à jour se termine avant la fin de mes heures de services, Mad… J’ai raccroché.
Oui, sondage anglais sur la satisfaction de la distinguée clientèle. Je réponds chaque fois le numéro 5, qui n’est pas un croissant de xocolata i un café amb llet mais Very Dissatisfied. Et dans la dernière fenêtre, où on peut enfin s’exprimer, je recopie le même paragraphe légèrement courroucé. En français.
Deux heures plus tard je rappelle. Je radote toute l’histoire. La jeune femme m'incite au calme : je la déstabilise, qu'elle dit. Et moi, je ne peux pas être déstabilisée par toutes ces incohérences? Mais enfin, je suis tombée sur un ange. Constatant qu’entre-temps, j’ai acheté ladite trousse, l'ange offre de la mettre en vigueur rétroactivement au début de mon voyage, puisqu’un brillant m’a empêchée de l’acheter avant de partir, comme j’avais eu la précaution de vouloir le faire. Elle pose deux ou trois questions pertinentes et hop, le tour est joué. Rogers ne la mérite pas. Au total, j’ai dû perdre quatre heures avec cette compagnie…
Quand enfin tout cela semble arrangé, je reçois un message d’un client au ministère de l’Éducation. Après sa signature, un logo temporaire, pour les 50 ans du Ministère. Dans un pays civilisé, qui existe quand même depuis quelques années, c’est un choc de voir que le ministère de l’Éducation est plus jeune que moi.
Je suis allée marcher au bord de la mer.

2 commentaires:

  1. Ouffff! Pauvre toi, à l'air des communications instantanées il est triste de voir combien de temps nous perdons à discuter avec des incompétents et en plus jamais le même:) Bon courage.

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  2. L'incompétence est une ressource renouvelable. Il faut trouver le moyen d'en tirer parti!

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