J’avais noté depuis quelques jours que mes messages
électroniques rentraient bien sur mon ordinateur mais n’étaient plus transférés
sur mon Blackberry. Le premier jour, je sortais le cellulaire quelque part
entre la Rambla et une maison Gaudi quelconque, toute contente de ne rien
recevoir, puisque je passais quelques jours avec des amis. Puis de retour à la
maison, hop, quatre messages sur l’ordinateur. Bizarre, mais après tout, il se
pouvait que les quatre soient arrivés après ma dernière vérification. Deuxième
jour : vérifications inutiles sur le cellulaire et au retour, huit
messages! Ah non, là y’avait un pépin.
En tentant de trouver une
fonction quelconque sur le Blackberry, je trouve un message qui dit à
peu près « Message Rogers : nous avons interrompu temporairement
votre service de données parce que vous avez "cumulé" des frais de
près de 100 $ d’itinérance depuis votre dernière facture. Cliquez ici, etc. »
Ah. Je clique et on m’offre obligeamment une
trousse-forfait, pour l’Asie, l’Europe, les États-Unis, etc. Or, une semaine
avant de partir, ne trouvant pas les trousses en question sur le site de
Rogers, j’avais appelé et le brillant qui m’avait répondu m’avait dit qu’elles existaient
seulement pour les États-Unis.
J’ouvre le site Web de Rogers sur mon ordinateur. Aucune
compagnie n’a de système de communication simple. Il faut se taper une foire
aux questions de 200 questions et quand on clique sur « Aucun de ces
sujets », on est invité à lire 200 pages du site, des fois que.
Je trouve enfin une adresse et je décris le problème. Le lendemain,
donc hier, je trouve une réponse d’une dame qui me dit avoir pris connaissance
de mon message mais ne pas pouvoir m’aider : elle se trouve à la direction…
Une direction étant faite pour diriger, elle me fournit un lien vers une
fonction de clavardage… en anglais.
Mon parcours du combattant venait de commencer. J’ai quand
même pu clavarder avec un technicien francophone qui, en deux messages me disait
qu’il ne pouvait rien pour moi et que je devais appeler tel numéro sans frais…
dans une heure puisque mon problème relevait du service à la clientèle et que
lui était du service technique, que le service à la clientèle n’était pas
ouvert à cette heure et que la mise à jour nocturne du système de Rogers n’était
pas terminée. Dès la fenêtre de clavardage fermée, je reçois un message m’invitant
à remplir le sondage sur la « satisfaction » de la clientèle. Ah oui,
tu parles, je vais la leur décrire ma satisfaction. Toutes les questions sont
en anglais. Aucun endroit pour cliquer pour avoir la version française.
Une heure plus tard, je rappelle. Je retombe sur le service
technique. Cette fois, le gars me dit que je peux tout corriger ça avec mon
BlackBerry. –Oui, j’ai essayé, mais j’obtiens un message qui me dit que le
réseau ne suffit pas à la tâche. –Vous êtes en wifi? –Oui, mais l’ordinateur
aussi et je fais tout ce que je veux avec… -Ça ne dépend pas de ce réseau là;
il faut que vous coupiez la connexion wifi de votre téléphone et là vous allez
pouvoir changer vos paramètres et récupérer votre service de données.
Dès la fin de la conversation, je reçois un message avec
lien vers un sondage sur la « satisfaction » de la clientèle. Tiens
donc, je vais répondre encore! Bien entendu, le sondage est en anglais.
J’essaie ensuite de couper la connexion wifi du téléphone,
toute tremblante. Et si je n’étais plus capable de rétablir ça non plus? J’obtiens
le même message de réseau qui ne suffit pas. Je rappelle. Un autre technicien. –Ce
n’est pas un problème de nous; ça dépend de BlackBerry. –Non, écoutez bien le
message que j’ai reçu; il commence par « Message Rogers : NOUS AVONS
INTERROMPU TEMPORAIREMENT… » Si Rogers a interrompu temporairement le
service, à distance, Rogers peut me le redonner DÉFINITIVEMENT, à distance! –De
toute façon, le système est inaccessible, la mise à jour n’est pas finie;
rappelez dans une heure.
Oui, je reçois à nouveau le lien vers le sondage anglais.
Une heure plus tard, je rappelle, de plus en plus énervée.
Une femme cette fois. –Le système n’est pas accessible; la mise à j… -
Prenez-vous une note, bordel, et vous restaurerez mon service quand la mise à
jour sera terminée! Je ne vais quand même pas passer la journée à vous appeler.
Ou au besoin rappelez-moi, vous! –Je pourrai seulement si la mise à jour se
termine avant la fin de mes heures de services, Mad… J’ai raccroché.
Oui, sondage anglais sur la satisfaction de la distinguée
clientèle. Je réponds chaque fois le numéro 5, qui n’est pas un croissant de xocolata i un café amb llet
mais Very Dissatisfied. Et dans la dernière
fenêtre, où on peut enfin s’exprimer, je recopie le même paragraphe légèrement
courroucé. En français.
Deux heures plus tard je rappelle. Je radote toute l’histoire.
La jeune femme m'incite au calme : je la déstabilise, qu'elle dit. Et moi, je ne peux pas être déstabilisée par toutes ces incohérences? Mais enfin, je suis tombée sur un ange. Constatant qu’entre-temps, j’ai acheté ladite trousse, l'ange offre de
la mettre en vigueur rétroactivement au début de mon voyage, puisqu’un brillant
m’a empêchée de l’acheter avant de partir, comme j’avais eu la précaution de
vouloir le faire. Elle pose deux ou trois questions pertinentes et hop, le tour est joué. Rogers ne la mérite pas. Au total, j’ai dû perdre quatre heures avec cette compagnie…
Quand enfin tout cela semble arrangé, je reçois un message d’un
client au ministère de l’Éducation. Après sa signature, un logo temporaire,
pour les 50 ans du Ministère. Dans un pays civilisé, qui existe quand même
depuis quelques années, c’est un choc de voir que le ministère de l’Éducation
est plus jeune que moi.
Je suis allée marcher au bord de la mer.
Ouffff! Pauvre toi, à l'air des communications instantanées il est triste de voir combien de temps nous perdons à discuter avec des incompétents et en plus jamais le même:) Bon courage.
RépondreSupprimerL'incompétence est une ressource renouvelable. Il faut trouver le moyen d'en tirer parti!
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