Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

jeudi 26 avril 2012

De l'utilité du blasphème

Le premier campo de ce jour merveilleusement bleu et ensoleillé est San Silvestro. Et figurez-vous que l'unique café de la place s'appelle Altrove qui signifie, je vous le donne en mille : ailleurs!  Vrai comme j'y suis! Vous dire comme je me suis sentie chez moi! (Cliquez sur la photo de gauche, pour l'agrandir.)

Comme dans bien d'autres cas, l'église est en réparation. Ça gâche un peu les photos, mais surtout, seule une petite chapelle latérale est accessible, de sorte qu'on ne peut pas voir le Tintoretto qui domine l'autel. Ce n'est plus l'église d'origine, fondée au IXe siècle, ni même celle du XVIe, époque à laquelle, selon ma bible des campi, la Scuola dei Barcaroli (guilde des nautoniers) y avait son siège. La légende veut que la guilde ait payé le Tintoretto grâce aux amendes perçues auprès des blasphémateurs : 20 soldes pour qui blasphémait le nom de Dieu ou de la Madone, 16 pour qui blasphémait contre un représentant de la guilde, 10 contre un saint (admirez la hiérarchie!) et 8 contre un confrère.

De porte-à-faux en colonnes de récup et de la rue des morts au porche du fossoyeur (odonymes écrits en vénitien et non en italien « standard »), me voici vers les 16 h 30 à la Ca' Pesaro, à la fois musée d'art oriental et d'art moderne. Le premier est l'occasion d'admirer des œuvres d'une finesse remarquable. En effet, la collection représente surtout l'art japonais de la période Edo, qui commence vers 1600 et au début de laquelle l'empereur promit la paix jusqu'à la fin du XIXe siècle, au prix d'un isolement total par rapport au reste du monde! Bien des années pour se consacrer à la décoration! J'y ai vu de belles armures (qui avaient tout de même une fonction défensive) que je n'aurais pas regardées avec autant d'intérêt sans un contrat de traduction, l'an dernier, sur les armures japonaises! Deuxième hasard de la journée; non mais!

La collection d'art moderne me fait découvrir de nombreux artistes, aux côtés des Miró, Giacometti et Kandinski. Sans parler de l'expo temporaire, consacrée à deux artistes contemporains de Gustav Klimt. Tout cela me prive de l'apéro à la terrasse, qui donne sur le Grand Canal, puisque le café ferme en même temps que le musée. Même s'il me fallait payer une nouvelle entrée au musée, je retournerai au café, c'est sûr! Le bâtiment lui-même a un intérêt architectural et historique, mais ne vous en faites pas, je me suis bien gardée d'en parler. D'ailleurs, la boutique avait un guide, que je me suis procuré.

J'abuserais de votre patience en vous décrivant le dernier campo de la journée : un bijou historique! On s'en reparle!

1 commentaire:

  1. Mais c'est la journée parfaite que tu décris là! Musées, cafés, campi... Vraiment, cette bible (comme tu dis) des campi est un cadeau du ciel, puisqu'elle te fait découvrir de si charmants endroits. Je me fais la porte-parole de tous (ok, j'ai pas consulté, mais mon intuition me dit que je ne peux avoir tort) et exige que tu abuses de notre patience (ah ah! vraiment, je venais sur ton blogue pour lire... je sais pas: les potins post-berlusconiens?) et décrives TOUS les autres! (c'est un défi)
    Myriam

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