Jeudi 16 octobre
Lisbonne en automne
Il fait terriblement chaud, mais je piétonne bravement vers le Museu do Oriente, Je le dépasse de peu et ramasse à la LX Factory, encensée dans tous les guides. Dans mon guide à moi, c’est bof. Le lieu est sympathique : il s’agit d’anciens entrepôts convertis pour moitié en boutiques et moitié en restaurants, mais plus américains que portugais. On voit bien quelle clientèle est ciblée.
Au retour, je renonce à traverser l’autoroute : il me faudrait monter un escalier interminable pour me hisser sur la passerelle et revenir sur mes pas. Je me dirige donc plutôt vers le Museu da Arte Antiga (au sens d’ancien plutôt qu’antique). Je n’y tiens pas tellement, mais… je suis attirée par la promesse d’une relative fraîcheur et d’une toilette propre. Vous allez me trouver bien peu culturée, mais il faut dire que j’ai déjà vu les deux. Hélas, ce musée aussi est fermé, comme le Gulbenkian et comme les deux principaux théâtres de la ville. Tout est en chantier, ce que les guides semblent ignorer, et croyez-moi, j’en ai des guides, et ceux de l’année, of course.
Je monte donc vers le nord de la ville et le Jardim Botánico. Toujours insécure, j’interpelle une dame dans mon meilleur portugais rouillé. « Je ne parle pas portugais », me répond-elle en mauvais portugais. Je demande à une autre, très manifestement à la porte de chez elle, si elle parle portugais. Celle-là saisit la perche et dit non pour se débarrasser de moi. Comme je grommelle « Ça va bien… », la première me demande en français ce que je cherche. Je suis sur la bonne route, m’assure-t-elle et… non, le jardin n’est pas fermé me répond-elle interloquée, avant de m’accompagner sur quelques mètres. Elle connaît bien, puisqu’elle vit à Lisbonne depuis six ans. Et tout ça sans avoir appris le portugais!
Je resterai une heure sous les frondes exotiques et les cris de ce qui me semble être des perruches, essentiellement. Heure rafraîchissante et reposante.
Puis, descente tranquille jusqu’au belvédère São Pedro de Alcántara, qui offre une vue magnifique sur la ville et le fleuve (oui, j’ai pris des photos, mais étant donné mes compétences technologiques, non, je ne peux pas les intégrer à ce texte, d’ailleurs écrit avec ma tablette et un clavier minuscule). Il n’est pas tout à fait 17 h, mais c’est l’endroit idéal pour une petite sangria.
Je poursuis ma descente rendue périlleuse, non pas par la sangria, mais par une longue suite d’escaliers faits de ces traîtres petits pavés portugais, glissants même quand il ne pleut pas parce qu’ils sont très usés.
Me voici de retour à ma pension, pas forcément miteuse, mais pas top : on est distrait de la moisissure à la jonction entre les tuiles de la salle de bain et la baignoire par le plancher de la douche qui fait un peu trampoline…
La fille qui ne voulait pas revenir sur ses pas pour un musée peut-être ouvert aura finalement marché un peu plus de 20 kilomètres aujourd’hui.
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