D'après ma liste, je n'ai plus de courses à faire.
Pourtant je cours.
Je devais finir mon plus gros texte aujourd'hui, vendredi, à six jours de mon départ. J'envoie mes questions au client et... Ah, mais attendez, on va vous envoyer une version révisée lundi.
Il me faut par ailleurs répondre à un appel d'offres. Oui, à six jours de mon départ.
Message imprudent à un autre client : cette chronologie dont vous parliez il y a trois semaines, elle est encore dans les cartons? Attendez... Je vérifie avec Unetelle.
Les protections hivernales sur le terrain? Pfff! Il y a encore quatre pieds de neige! Oui, ça fond depuis hier et peut-être encore demain, mais ensuite, on sera sous zéro pendant trois jours. Je devrai donc recourir à une armée d'anges gardiens pour que mon terrain ait l'air estival à mon retour. Quoique... trois mois, c'est vite passé. Si les protections hivernales restaient, je serais fin prête, sans effort, pour l'hiver prochain. À méditer.
Comme disait Félix :
« J'ai deux montagnes à traverser
Deux rivières à boire
J'ai six vieux lacs à déplacer
Trois chutes neuves à mettre au lit
Dix-huit savanes à nettoyer
Une ville à faire avant la nuit. »
Et un équivalent anglais, de Robert Frost, qui a de si beaux poèmes :
« But I have promises to keep
And miles to go before I sleep. »
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