Et parlant de guichet… Certes, l’entretien de toutes ces
œuvres coûte cher, mais à 16 euros et demi le billet d’adulte et à voir les
files sur le trottoir chaque jour, on se dit que le fonds de rénovation doit être
assez bien approvisionné! Et justement, la maison est en rénovation et la
façade du Passeig de Grácia comme celle du Carrer Provença sont couvertes d’une
bâche qui n’imite même pas la façade normale comme j’en ai déjà vu ailleurs. Alors allons-y d'une photo « arrangée », combinant ma façade et celle de ma maison. Comme à chaque occasion de ce genre, je ne suis pas nécessairement peignée de frais...
Peu importe le prix, j’ajoute l’audioguide (4 euros) en
version longue, soit 75 minutes (même prix que la courte, quand même).
Ascenseur? Pfff! Là, par contre, il y a une file d’attente. Au prix que j’ai
payé, je passerai tout le temps possible dans la maison. Allez, on grimpe à
pied les huit étages en écoutant le commentaire numéro 1 de l’audioguide.
Les Milá y avaient leur appartement et louaient les autres.
Il y a cinq étages habitables, à raison de quatre appartements par étage, dont
les pièces donnent sur un couloir courbe (les courbes si chères à Gaudí) ou en
façade, de sorte que chacune bénéficie de la lumière du jour, côté cour ou côté
Passeig de Grácia, aujourd’hui comme alors une artère chic de la ville. Enfin, j’ai
tout de même noté au passage que la chambre de la bonne, minuscule, n’a pas de
fenêtre. Elle reçoit une lumière tamisée par la vitre givrée de la porte et la
largeur du couloir.
Poursuivons dans l’entre-toit, conçu comme salle de lavage
commune au personnel ancillaire des proprios et des locataires. Les courbes de
la terrasse sont soutenues par une enfilade d’arches « caténaires »
(puisque Gaudí les concevait à l’aide de maquettes à chaînes [catenas]) de différentes hauteurs et
largeurs. L’espace est actuellement occupé par une exposition de maquettes, des
projections de vidéos sur Gaudí et son temps, des reproductions de
meubles, etc. En effet, Gaudí, à la fois ingénieur et architecte, concevait tout, de la
structure au moindre bouton de porte. D’ailleurs, poignées et sièges épousent
les courbes de l’anatomie.
On peut également visiter un appartement doté d’un mobilier
d’époque, installé pour permettre aux visiteurs d’aujourd’hui de voir à quoi
pouvait ressembler un intérieur bourgeois du tournant du XXe siècle.
Les autres appartements de La Pedrera sont toujours occupés par des particuliers ou des entreprises.
Frédéric s’y connaît donc en styles, en détails
architecturaux et en dates. Il aime passer cette petite part de sa journée aux
alentours de la maison Amatller pour s’exercer à parler anglais et
français. Il le fait en toute simplicité. Après savoir salué les
deux Hollandaises qui m’ont précédée sous la verrière, il me propose de me
parler un peu de la façade, si j’ai le temps bien sûr. Bof, il me reste un
mois et demi. Et le voilà à me décrire les gargouilles, les balcons, les
statues et les reliefs, sur fond d’anecdotes sur le couple Amatller. Il ajoute
au passage qu’il a rendez-vous chaque année avec un couple de Français, qui fait
un pèlerinage annuel à Barcelone sans manquer de lui rendre visite en ce lieu. Il
met fin élégamment à l’entretien parce ce que, dit-il, il n’a pas d’aspirine à
me donner pour guérir le mal de tête qu’il m’a sûrement causé. Il s’émeut à
chaque mot que je prononce en catalan (je l’ai ému six fois, je pense). Ça y est! J’ai trouvé un interlocuteur catalan patient, qui
ne se mettrait pas à l’espagnol ou à l’anglais en entendant mon accent
étranger! Mais il me faudra un peu de chance : il est grand-père et souvent,
il garde ou promène ses petits-enfants, et son horaire est variable.
Ève, ça nous rassure de voir aussi TA façade... Tu as l'air de profiter à plein de l'environnement de beauté et de l'architecture délirante de cette ville magnifique! Que la traduction doit te sembler fade...
RépondreSupprimerBon 1er mai de travailleuse encensée!
AAAAh Eve! Tu me fais saliver et voyager! Je garde un très tendre souvenir de Barcelona où s'était réfugié mon Pepe durant la Guerre d'Espagne. Tu savais que Gaudi est mort sous un tramway? Quand tu iras à la Sagrada Familia, porte des talons plats, réserve-toi beaucoup de temps et essaie de trouver un guide en chair et en os. Bises, Raquel
RépondreSupprimerHola Raquel,
RépondreSupprimerSi, sapia per el Gaudi, pero no per el teu avi. Nomes tinc "talons plats" en el meu equipatje! Fins aviat!