Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

jeudi 29 mars 2012

Le four

Un four, c’est simple normalement : il y a une commande pour gratiner et une autre pour cuire. Mais je me trouve devant un four ancien. Pas antique, ç’aurait été trop facile : on met suffisamment de bois ou de charbon et hop! Mais l’ancien me piège dès le départ parce que la cuisinière est au gaz, ce qui donne à penser qu’il est d’orientation similaire, mais non : il est électrique. À quatre manettes. Une qui commande Dieu sait quoi, l’autre qui commande l’équivalent en système métrique, la troisième, en système mandchourien, et la quatrième est bien évidemment une minuterie.

En plus des chiffres de 1 à 8, il y a divers pictogrammes, dont le symbole de l’infini, une ampoule et un pouf surmonté d’un coussin. À force de tripoter les trois premières manettes, j’obtiens un ronronnement prometteur et je mets une patte sûre sur la minuterie… dont le ressort est cassé. Le mien est pris d’une crise de mimétisme. Le ronronnement est en fait un ventilateur.

Mais la recette de mini-artichauts ne prévoit pas de cuisson au vent. En tout cas, elle exige 10 minutes. Vous auriez dû les voir, ces mini-artichauts. Mignons! Cuuuute! (Ça, c’est pour voir si Élise me lit.) Cela dit, bien entendu, le temps de choisir lequel des quatre ronds de cuisinière, de tailles différentes, conviendra le mieux au steak, j’ai oublié à quelle heure j’ai mis les artichauts, mais rien à craindre : le beurre de l’appareil à gratin sue bien moins que moi en ce moment. En fait, j’aurai même le temps de cuire et de manger le steak au complet avant de sentir une vague odeur de panure grillée. Mais c’est juste ça… de la panure grillée. Les artichauts, si mini soient-ils, sont encore bien croquants sous la dent de la fourchette-sonde. Vingt minutes, un steak et un verre de vin plus tard, je décide qu’ils sont prêts et, franchement, la panure couleur Afrique du Nord est délicieuse. Mais les mini-artichauts jouent les croquants. Les quatre que je réservais pour un autre jour feront une très jolie décoration de table jusqu’à amollissement par le temps. J’ai fait un four, donc. Et pas un petit, que j’aurais été aussi incapable de cuire!

Il me reste à demander à la proprio comment diable fonctionne ce four, s’il fonctionne. Ah! Et je dois penser ajouter : « Et la télé? », « Et la lessiveuse? », « Et le portail? »

Est-ce elle qui, en prévision de mon séjour, a laissé traîner négligemment sur une chaise un petit collant où je lis, je vous le jure, « QI 46 »?

1 commentaire:

  1. Génial! J'en veux un! Ça me rappelle vaguement un frigo dans une chambre d'hôtel en Transdniestrie (oui, ça existe)qui avait pour fonction de chauffer son contenu. C'était le même principe de cuisson au ventilateur.
    Myriam

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