Pour 2,50 euros, on peut fréquenter pendant tout le temps
qu’on veut Lorenzo Lotto, Vincenzo Bellini (non, ce n'est pas l'inventeur du p'tit boire) et Véronèse, et quantité de doges qui
dorment depuis des siècles (sept, pour l’un d’eux) de leur dernier
sommeil.
La chapelle du Rosaire est fermée, comme les autres, de
portes vitrées. Curieusement on y lit « Chiudere la porta / Close the door »
(fermer la porte) alors que sur les autres, on lit « Tirare » (oui,
tirer). Du coup, je crois que bien des gens sont intimidés. Je me risque à
ouvrir malgré l’adjonction, puisque que c’est là que sont les Véronèse. J’y
suis fin seule. Heureusement que je suis munie de mes petites lunettes d’opéra
parce que les trois toiles occupent le plafond. L’Adoration des bergers me
touche plus que l’Annonciation et L’Assomption de la Vierge. Les personnages sont très expressifs et les couleurs, très vives. Les
bergers, colosses nourris au grand air, ont l’air subjugué devant un enfant
Jésus qui… leur tourne le dos! D’où je suis, je n’arrive pas à comprendre si la Vierge qui le tient de
cette façon est effarouchée, surprise pendant la toilette du p’tit ou dégoûtée
par ces rustres! En tout cas, elle n’a vraiment pas l’air d’apprécier la
visite. J’hésite à croire qu’elle a honte de son humble étable. Ce serait
vraiment faire la fine bouche : le logis provisoire est orné d’une colonne
carrée en blocs de pierre et d’une autre à chapiteau un peu corinthien. Le tout a l'air beaucoup plus solide et confortable que nos crèches traditionnelles.
Un Spritz à la terrasse voisine m’aidera à étudier la question.
Bonjour Eve,
RépondreSupprimerje commence enfin la lecture de ton blog - belle façon de passer le lundi pascal.
Myriam
Je lis ton blogue en diagonale avec beaucoup de plaisir, mais le plus drôle, c'est qu'il y a à peine deux heures, je parcourais un guide (Rome Florence & Venice de Dana Facaros & Michael Pauls) que j'avais utilisé en 1998 au cours de mon premier voyage en Italie et qui mentionne cet église dans ces termes :« Venetian dialect is still commonly heard - to the uninitiated it sounds like an Italian trying to speak Spanish with a num mouth - and it turns up on the city's street signs. Your map may read 'San Giovanni e Paolo' but you should inquire for 'San Zan Degola' Decollato' (decapitated John) is better known as 'San Zan Degola. » Tu me donnes vraiment le goût de retourner à Venise. Bonne fin de séjour!
RépondreSupprimerDiane d.