Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

samedi 31 mars 2012

Église San Zanipolo

Je vous mets au défi de trouver à quel diable de saint, si vous me permettez l’expression, cette église a bien pu être consacrée. Non, pas Saint-Jean-Paul. Le nom est un raccourci pour Santi Giovanni e Paolo. Entre ces murs de brique rose, donc, ce sont deux saints qu’on honore. (Oui, c’est fait exprès.)

Pour 2,50 euros, on peut fréquenter pendant tout le temps qu’on veut Lorenzo Lotto, Vincenzo Bellini (non, ce n'est pas l'inventeur du p'tit boire) et Véronèse, et quantité de doges qui dorment depuis des siècles (sept, pour l’un d’eux) de leur dernier sommeil. 

La chapelle du Rosaire est fermée, comme les autres, de portes vitrées. Curieusement on y lit « Chiudere la porta / Close the door » (fermer la porte) alors que sur les autres, on lit « Tirare » (oui, tirer). Du coup, je crois que bien des gens sont intimidés. Je me risque à ouvrir malgré l’adjonction, puisque que c’est là que sont les Véronèse. J’y suis fin seule. Heureusement que je suis munie de mes petites lunettes d’opéra parce que les trois toiles occupent le plafond. L’Adoration des bergers me touche plus que l’Annonciation et L’Assomption de la Vierge. Les personnages sont très expressifs et les couleurs, très vives. Les bergers, colosses nourris au grand air, ont l’air subjugué devant un enfant Jésus qui… leur tourne le dos! D’où je suis, je n’arrive pas à comprendre si la Vierge qui le tient de cette façon est effarouchée, surprise pendant la toilette du p’tit ou dégoûtée par ces rustres! En tout cas, elle n’a vraiment pas l’air d’apprécier la visite. J’hésite à croire qu’elle a honte de son humble étable. Ce serait vraiment faire la fine bouche : le logis provisoire est orné d’une colonne carrée en blocs de pierre et d’une autre à chapiteau un peu corinthien. Le tout a l'air beaucoup plus solide et confortable que nos crèches traditionnelles.

Un Spritz à la terrasse voisine m’aidera à étudier la question.




2 commentaires:

  1. Bonjour Eve,
    je commence enfin la lecture de ton blog - belle façon de passer le lundi pascal.
    Myriam

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  2. Je lis ton blogue en diagonale avec beaucoup de plaisir, mais le plus drôle, c'est qu'il y a à peine deux heures, je parcourais un guide (Rome Florence & Venice de Dana Facaros & Michael Pauls) que j'avais utilisé en 1998 au cours de mon premier voyage en Italie et qui mentionne cet église dans ces termes :« Venetian dialect is still commonly heard - to the uninitiated it sounds like an Italian trying to speak Spanish with a num mouth - and it turns up on the city's street signs. Your map may read 'San Giovanni e Paolo' but you should inquire for 'San Zan Degola' Decollato' (decapitated John) is better known as 'San Zan Degola. » Tu me donnes vraiment le goût de retourner à Venise. Bonne fin de séjour!
    Diane d.

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