Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

lundi 11 avril 2016

Sans titre 1

J’aurais voulu impressionner en annonçant la densité, disons, ecclésiale du centre historique de Lecce, mais je ne trouve pas la superficie du quartier. En tout cas, on peut facilement en faire le tour en une à deux heures. Quant au nombre d’églises, un congénère de la blogosphère nous fait savoir qu’il en reste 33 : 12 du XVIe siècle, 15 du XVIIe et 6 du XVIIIe. Pour un si petit quartier, c’est énorme. Et pourtant, à la fin des années 1600, écrit-il, il y en avait 146, plus 29 couvents et 3 « conservatoires », ce dernier terme à entendre, de dire la guide de ma visite d’hier, au sens de « conservatoires de la moralité des pensionnaires » (orphelins, prostituées repenties et femmes fortes ayant décidé de se séparer de leur mari). On devait se marcher sur le clocher!

Chacune avait ses donateurs, mais une église ça coûte cher à entretenir et il fallait donc quelque chose pour créer le buzz. D’où les reliques. Les fidèles étaient prêts à se saigner à blanc pour que les reliques soient bien logées et de belles reliques bien choisies attiraient les foules de loin. Pour ça, la basilique de Santa Croce a su y faire. Il ne faut pas moins de deux grandes plaques murales, d’ailleurs, pour en dresser la liste! Il y a, bien entendu, une écharde de la Sainte-Croix qui donne son nom au temple, et, pour le moins, un doigt de saint André, une couette de Marie-Madeleine, une goutte du sang de saint Janvier et une autre du lait de la Vierge. Oui, Messieurs-Dames.
J’imagine une sorte de rabatteur à la solde de la mafia des reliques qui se pointe au moment propice. Marie allaite le p’tit? Le type se précipite, réussit à se procurer un petit biberon et hop! Belle prise. Vous imaginez le prix que les archevêques seront prêts à payer? Après un doigt ici et une langue là, il tombe sur Marie-Madeleine qui essuie les pieds du Christ. Il sort ses ciseaux, fait une coupe Beatles à la dame. Bon, moins cher que le lait de la Vierge, question de quantité, mais ça voyagera mieux. Allez, une mâchoire par ci, un cœur par là. Puis un sombre épisode fait briller ses yeux cupides : des épines de couronnes et une grande croix à débiter! "Oups, Capo, j’ai été un peu distrait, Capo, et je ne sais plus laquelle des trois cr… Ah? C’est vrai, qui saura!"
Hélas, les temps ont bien changé et Jésus a maintenant un horaire adapté. Un gardien nous pousse hors du temple et engueule la pauvre guide. Je devrai retourner pour savoir quels trésors le mafieux a bien pu fourguer aux autorités. Une vis du rabot de saint Joseph? Une aiguille à tricoter de sainte Anne?

4 commentaires:

  1. Vas-tu devenir rongeuse de balustre???

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  2. Juste pour voir des reliques loufoques, ça vaut le coup!

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  3. En tant que ta future éditrice, je voudrais conserver ce texte, je n'ai pu m'empêcher de rire aux éclats. Même à distance tu me fais du bien.

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  4. Merci; je te fais pleine confiance. Et tant mieux si je fais rire.

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