Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

samedi 9 avril 2016

Mon père, je vous accuse

Je vous passe mes démêlés avec Rogers pour déverrouiller mon iPhone, les indications obscures, le fait que je doive payer pour avoir de l’aide si je ne me débrouille pas avec la page web et lesdites indications. Entre autres, si je ne sais plus trop quoi faire du moment que la première étape dit à peu près de cliquer sur « Fichier » à la page iTune alors qu’il n’y a pas un traître bouton de ce nom…
Mais je sens que les choses prennent un tour plus joyeux à l’aéroport de Québec, où on me fouille tout le temps au départ, quand je constate que l’agent de sécurité à l’extérieur des portiques est souriant. D’habitude, à Montréal comme à Québec, ils ont tous un comportement de garde-chiourme. Surprise : pas de fouille ni de ma personne ni de mes sacs, ni même de radiographie gratuite!
L’agente chargée d’annoncer les mesures de sécurité nous souhaite la bienvenue à bord de notre avion en partance pour Montréal. Toutes les têtes se lèvent d’un coup. Elle rigole. L’avion va à Toronto. « Maintenant que j’ai votre attention, dit-elle, je vais pouvoir vous décrire les mesures de sécurité. » Et de continuer en nous disant que le commandant est Brad Pitt, le second, Tom Cruise, que sa collègue est Lady Gaga et elle-même, Britney Spears.
Même pas de portique de sécurité à Toronto. Allez hop, directement à la porte d’embarquement pour Rome et le vol du miracle. À ma seule visite au p’tit coin aérien, j’enlève ma bague et la mets dans la poche intérieure de mon polar. Quelques heures plus tard, je me rends compte que je ne l’ai pas remise, mais mes poches sont vides. Et je constate alors que les poches intérieures sont faites pour des documents… Il y a une petite ouverture dans un coin. Aucun doute, la bague a fui. Je regarde vaguement au fond de mon siège. Rien. Je me promets de faire de mon mieux depuis l’allée à la fin du vol. Or, à un moment, j’entends la dame derrière moi dire à un agent de bord qu’elle n’est pas en train de faire sa prière, mais simplement de chercher sa bague, qui a dû lui sortir du doigt, et que, chose curieuse, elle a trouvé une bague mais pas la sienne! Je me retourne d’un coup. C’est la mienne! Heureusement, quelques minutes plus tard, elle retrouve aussi la sienne.
De Rome, à coup d’autobus, de trottoirs mécaniques et de passages sur le tarmac, je parviens à la porte d’embarquement pour Brindisi alors que l’appel a déjà été fait. Dans un tout petit avion, je suis coincée entre, d'une part, une grande femme dont le parfum capiteux est réchauffé par le soleil qui tape sur le hublot et qui est si grande qu’elle n’a d’autre choix que d’orienter ses longues jambes dans mon espace vital et, d'autre part, un grand prêtre. Pas du genre sanhédrin, mais genre six pieds vingt-quatre. Je le prends vite en pitié. Il a manifestement entendu des choses horribles en confession parce qu’il passe son temps à se curer l’oreille droite. Il y va d’une vigueur évangélique émouvante qui finit par m’écœurer. La fatigue me rend toujours malaucoeureuse. Il faut dire qu’ensuite, son doigt glisse mieux sur les pages électroniques de la dernière bulle papale qu’il lit sur son iPhone. François évoque sans doute des trucs que notre curé ne peut pas sentir, puisqu'il se plonge le même doigt dans le nez. À voir les roulements de doigts qui suivent, la chasse a manifestement porté fruits.
Le gavage se poursuit et les agents de bord nous proposent de quoi boire et un sachet de trucs sucrés ou salés. L’abbé choisit le sucré et un verre de Coke et plonge les petits biscuits dans la boisson. De son doigt polyvalent, il pousse les petits biscuits dans le verre comme un petit voilier dans le bassin d’un jardin public, puis les retire et se les met dans la bouche. Enfin, il ouvre le sachet de la petite serviette rafraîchissante et l’introduit d’abord dans l’oreille droite qu’il récure soigneusement avant de passer la lingette dans tout son visage, sous le col romain et aux abords de l’implantation capillaire. Flûte! Il a oublié le nez! Il y retourne donc de son index nu. Je fais tout pour ne pas lui donner l’envie de se présenter à moi. S’il me tend la main, je vais m’évanouir et tout le monde croira que je suis possédée.
À l’arrivée, il prend ses mille et une choses dans le compartiment à bagages et me demande si le sac qui reste est à moi. Non, dis-je. Tant pis, je me confesserai à quelqu’un d’autre. Mon sac en a vu d’autres mais il a ses limites. Dès que l’abbé s’est engagé vers la sortie, je prends le sac. Deux ou trois personnes me lancent un regard interrogateur, pensant sans doute que je fais main basse sur le sac de quelqu’un d’autre. Je n'en ai cure.
Fiou. Ma valise ne tarde pas à faire du carrousel. J’essaie sans succès d’appeler la personne que ma logeuse doit envoyer à ma rencontre à 35 km de l’aéroport de Brindisi, quand j’arriverai après 30 minutes de navette. Me voilà un peu nerveuse. Je finis par joindre la propriétaire, qui me dit qu’elle va appeler Paola. Elle me rappelle 5 minutes après pour me dire que celle-ci sera bien là. De fait, sous la pluie, Paola et sa fille tendent une feuille où figure mon nom. Deux dames fort sympathiques. Vivement la douche. Je n’ai pas touché au prêtre, mais quand même.
Comme prévu, les deux m'abreuvent avec un généreux enthousiasme de tous les renseignements possibles sur l’appartement, le jardin, la douche, les volets, la collecte sélective des déchets pour laquelle, d’ailleurs, il n’y a pas moins de 10 pages à lire.
Il est 17 h à Lecce. Je sors faire quelques provisions et voir un peu le vieux centre malgré la pluie, puis je m’endors pour quelque 12 heures.

3 commentaires:

  1. Ciel que tu m'amuses!!!! J'ai décidé de me laisser envahir par Google!!!!

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  2. Ciel que tu m'amuses!!!! J'ai décidé de me laisser envahir par Google!!!!

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  3. Et j'en suis ravie! Plus on est de fous...

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