Ça devait arriver!

J'ai fait mon entrée dans la blogosphère pour ces jours où, malgré l'absence d'interlocuteur, je voudrais exprimer surprises, découvertes, plaisirs ou dégoûts. Si d'aventure la curiosité ou le manque d'interlocuteur vous amène ici à votre tour, soyez les bienvenus!

mardi 29 mai 2012

Les deux pieds dans le Parmesan


Venise est magnifique, mais il faut dire que les montagnes, ça fait aussi un sacré paysage… Des montagnes?!? Mais pourquoi diable y a-t-il des montagnes devant moi alors que je roule vers le sud?

En fait, il y a tellement de camions sur l’autoroute que je crois bien avoir manqué un panneau ou une sortie sans même m’en rendre compte. Mais je ne manque pas le panneau qui annonce la prochaine sortie… à 75 km. Oui 150 km en trop. Au prix où est l’essence.

Les propriétaires de l’hôtel m’ont écrit un courriel rassurant : les trouver sera très simple. Ce qui fait évidemment que si je ne trouve pas, je ME trouverai encore plus bête. Il suffirait de suivre les indications pour le centre, puis pour la gare ferroviaire. Au fond, c’est vrai; c’était simple. Pour le stationnement, par contre, c’est déjà plus complexe. Je trouve une place devant la gare, pour 30 minutes.

Étant donné mes folles dépenses d’autoroute (eh oui, les péages en double, bien sûr), après avoir mis les 50 centimes pour 30 minutes, je n’ai plus un rond. Vraiment plus un centime en poche. Je me précipite à l’hôtel, où les deux propriétaires ouvrent des yeux ronds quand je leur dis que j’ai réservé. En fait, ils n’ont jamais reçu mon message de confirmation où je leur disais d’ailleurs, à la blague, que je comptais partir d’Asolo vers 9 h 30 mais que comme je me perdais facilement, je ne pouvais pas dire à quelle heure j’arriverais. Une bien bonne blague.

Stressée par l’absence d’argent et la brièveté du droit de stationnement, j’ai sans doute l’air d’une échappée de l’aile des furieux. Eux sont d’un calme, juste une coche sous le degré « stressant pour les autres ». Lui m’indique sur la carte les endroits où je peux me garer avec un permis de résident temporaire.

Je retourne au stationnement et pendant les 10 minutes qu’il me reste, je fais à pied le trajet que je compte faire ensuite en voiture pour vérifier si, justement, ça se fait. Est-ce que je peux tourner à gauche, ici? Est-ce un sens unique? Suis-je bien loin de l’hôtel? De la bouche d’un grand gaillard à l’air très timide, planté sur le coin de la rue sans l’air de vouloir traverser,  j’entends « Qu’est-ce que vous cherchez, Madame? ». Je me retourne pour regarder derrière moi, désorientée par le regard strabique de mon ange. Rouge de honte et de chaleur, je reviens à lui et je réussis à lui expliquer ma situation en 20 mots. Il y a une place libre juste derrière lui. « Je me poste là et je vous attends », dit-il. « Vous êtes sérieux?? C’est tellement gentil. Écoutez si ça vous paraît trop long, je comprendrai parfaitement que vous partiez! »

En fait, ce ne sera pas long. Le malheur est que je n’ai pas un centime pour lui offrir un café avec ou sans moi. Et je ne peux pas vraiment me lancer à la recherche d’un guichet parce que la place de stationnement, je ne peux l’utiliser qu’avec un permis… que je n’ai pas encore! Je fais mentalement l’inventaire de mes bagages. Rien à faire : je n’ai ni petite gugusse du Québec ni un livre déjà-lu-à-donner pour remercier l’homme le plus gentil et le plus touchant d’Italie. Je lui dis que grâce à lui, la journée est redevenue belle; il m’assure que ça lui a fait le plus grand plaisir et il s’éloigne à grands pas. Ah la la, quelle entrée à Parme. Tout devrait bien aller à présent.

Je me dépêche d’écrire un mot à l’adresse d’un éventuel agent de stationnement et retourne, suante et soufflante, à l’hôtel, sans bagage, demander le précieux permis. Le proprio m’accompagne pour s’occuper de mes bagages, dit-il. Qui sait s’il ne veut pas protéger ses concitoyens.

Je repars en quête d’un guichet. Le premier annonce Cirrus, le sésame des retraits internationaux. Il me parle poliment en français après avoir lu ma carte, me demande le montant que je veux, m’invite à inscrire mon code, puis me redonne ma carte. Sans argent ni reçu. Il reste une demi-heure avant la réouverture de la banque. Mon guide de voyage, de 2012, donne deux adresses de café Internet, où je pourrais entre-temps vérifier si le retrait a été fait dans mon compte. Les deux ont disparu. Et la connexion de l’hôtel est en panne aujourd’hui. AUJOURD’HUI!

Je risque un autre retrait, avec plus de succès. C’était pour dîner – il est maintenant 15 h – mais finalement, je n’ai pas faim. Ça y est, la banque est ouverte. Après avoir fait cliqueter son clavier, le jeune employé très courtois me dit qu’il n’y a aucun retrait du montant que j’ai annoncé et me propose gentiment d’utiliser son ordinateur pour vérifier si l’argent est sorti de mon compte. Hélas, pour des raisons de sécurité, les sites auxquels il peut accéder sont peu nombreux, et Desjardins n’en fait pas partie. Il note mes coordonnées pour me prévenir si la vérification du guichet révèle un excédent. Trois heures plus tard, je tombe sur un service Internet. Il n’y a qu’un seul retrait. Bon, où est-elle cette cathédrale romano-lombarde?

1 commentaire:

  1. OUF!!! Début de vacances éprouvant!

    J'espère que la suite s'annonce meilleure! En tout cas, les gens semblent plus gentils.

    Rachel

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